Festival Du Jazz Antibes/Juan Les Pins du 14 au 23 juillet 2017.

Le premier «Jazz à Juan», créé en hommage à un célèbre Antibois d’adoption qui n’était autre que Sidney Bechet, fut à l’origine de nombreux autres festivals qui essaimèrent dans l’Europe entière. Claude Nobs, inventeur de ce grand évènement qu’est Montreux, l’a dit lui-même: «Si je n’étais pas passé par Antibes, Montreux n’existerait pas». Le concept était révolutionnaire. Pour la première fois, le grand public pouvait découvrir les principaux acteurs de cette grande saga qu’était déjà le jazz. Avec sur scène les héros en personne. De près. Et avec le plus beau décor qui puisse exister, sous les pins centenaires de la pinède Gould et face à la Méditerranée. Pari audacieux certes, mais brillamment tenu.

Tout en ayant accueilli le panthéon jazzistique depuis 1960, le festival d’Antibes Juan-les-Pins garde un double attrait. D’abord une programmation riche, fidèle à un jazz authentique. Mais aussi, et peut-être surtout, il demeure un vrai laboratoire, où chacun peut mesurer que le jazz reste une musique bien vivante : premières parties de haute tenue, concerts (gratuits) du «Off», bars d’hôtels et rues emballés par les Brass Bands… Les découvertes sont nombreuses, d’une musique à la fois variée, plaisante et toujours à échelle humaine, dans un site mythique, entre plage et étoiles. Aux yeux des stars du monde entier, la pinède Gould est désormais à l’image de ce que peut représenter la Scala de Milan pour un artiste lyrique : une confirmation et une rencontre exceptionnelle avec le public, cocktail idéal pour lieu de légende.

Dès 1960, concert d’anthologie de Charles Mingus, puis début de la «Love Affair» entre Ray Charles et la pinède, révélation de Miles Davis en 1963, duo d’anthologie entre Ella Fitzgerald et une cigale … En 1968, après le choc Coltrane et alors que la polémique fait rage sur tous les plans, c’est l’irrésistible épopée du free, avant l’apogée du Jazz Rock et de la fusion en 1976, l’impressionnante collection de pianistes en 1981 (Petrucciani, McCoy Tyner, Chick Corea et Keith Jarrett), la révélation d’Al Jarreau, l’extraordinaire duo entre Stanley Clarke et Miroslav Vitous en 1986, celui de Sarah Vaughan avec Michel Legrand, les prestations de Carlos Santana ou de l’immense Jessie Norman… Sans oublier, bien sûr, les fabuleux concerts de trois fidèles d’entre les fidèles :

Dizzy Gillespie, Stan Getz et Sonny Rollins.

«Jazz à Juan» ou la diversité des genres et des programmations, mais aussi des musiciens, débutants devenus célèbres, iconoclastes innovateurs, classiques et modernes de la grande famille du jazz… Aucun autre festival n’a fait plus pour la reconnaissance des musiques métissées et improvisées du monde entier : à Juan, le public garde l’Afrique au cœur, le «Som do brasil» danse avec les latinos de Cuba et Tito Puente convertit la France à la magie de la mambo, avant que John Mc Laughlin et Shakti n’ouvrent la Route des Indes… Une suite de happenings permanents, qui déclinent à l’envi New Orleans, Gospel, Blues, Swing, Be-bop, Latin Jazz, Cool Jazz, Hard-Bop, Free Jazz, Jazz- Rock, Modern Jazz ou Electro-Jazz, au gré de concerts historiques constituant désormais la mémoire du jazz européen, mais construisant aussi son avenir, comme en témoignent les récentes prestations de Roy Hargrove, Richard Bona, Thomas Dutronc, Norah Jones ou de Jamie Cullum. Depuis 1960, la saga du jazz s’est écrite à Juan dans toute son immense diversité, au gré des artistes, nouveaux venus ou monstres sacrés, innovateurs ou iconoclastes, classiques ou modernes.

Au-delà des clivages et des modes, il est essentiel à plus d’un titre :

  • Essentiel par le talent des artistes qui s’y sont produits.
  • Essentiel aussi par la diversité des musiques que l’on peut y entendre.
  • Essentiel enfin par son exceptionnel rayonnement, qui en fait l’un des plus prestigieux et efficaces vecteurs de communication d’Antibes Juan-les-Pins sur la scène internationale.

Source : http://www.jazzajuan.com/